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- Critiques de "Sexe Intentions" -

Critique de Télérama :

Ils sont jeunes, beaux et retors, portent des noms familiers pour nous, sans doute très exotiques pour le public américain... L'idée paraît saugrenue : postuler que la stratégie amoureuse est désormais l'apanage des adolescents et transposer les "Liaisons Dangereuses" au sein de la jeunesse dorée new-yorkaise. Pourtant, décalquée de façon mécanique, l'intrigue « marche » : la rusée Kathryn Merteuil, fausse vierge et vraie salope, aimerait bien que son demi-frère, Sebastian Valmont, cueille la fleur de la jeune Cecile. L'infâme séducteur n'a pourtant d'yeux que pour la jolie Annette, réputée prude et vertueuse. Le machiavélisme des (très) jeunes héros et la crudité de certains dialogues - en contraste avec les images très chastes - prouvent une chose : le roman de Laclos est encore suffisamment costaud pour égratigner le « politiquement correct » qui sévit outre-Atlantique. Dommage que Roger Kumble ne lui ait pas totalement fait confiance : la fin, infidèle au roman, est tristement moralisatrice. Mais, pendant une bonne heure, ce petit film élégant, finement dialogué et impecablement interprété - les deux filles, la brune Sarah Michelle Gellar et la blonde Reese Witherspoon ont déjà du métier ! - vaut le coup d'oeil.

Aurélien Ferenczi

 

Critique de Ciné Live :

La version teenagers des "Liaisons Dangereuses" dans l'Amérique actuelle. Pourquoi pas après tout, "Roméo & Juliette" s'étant parfaitement adaptés au Miami des années 90 dans le film de Luhrmann. Kumble tente donc l'aventure, avec un relatif succès. Dans un premier temps du moins. Sexe Intentions démarre en effet sous les meilleurs auspices : jeunes, oisifs et riches, Kathryn Merteuil et Sebastian Valmont rivalisent de machiavélisme pour nuire à leurs conquêtes. Du malheur des autres, ils s'en délectent. Et Kathryn honorera son demi-frère de ses plus intimes faveurs si celui-ci parvient à conquérir le coeur d'annette Hargrove, vierge et fière de l'être. De son côté, elle se charge de l'éducation sentimentale de la prude Cécile Caldwell. Une éducation qui rime parfaitement avec corruption, et une première partie formidable de méchanceté, véritable virus sur le logiciel de rédaction des bluettes hollywoodiennes. Les dialogues tapent au-dessous de la ceinture, les situations versent dans le scabreux et les principaux commédiens jouissent visiblement de leur contre-emploi. Mais Roger Kumble opère alors un virage à 180°, et les choses se gâtent : le perfide Sebastian tombe amoureux de sa proie au grand désarroi de sa demi-soeur, laquelle se retourne contre lui dans son hobbie préféré : la nuisance amoureuse. Roucoulades, yeux de velours, promenades en amoureux... Bref, Sexe Intentions s'écroule un peu bêtement lorsque la moralité balaie l'amoralité. Une entorse à la version originelle des "Liaisons Dangereuses", que Roger Kumble aurait dû suivre jusqu'au bout du cynisme pour réussir pleinement son film.

Marc Toulec

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