"Interview Sarah Michelle Gellar"
Cet été, le correspondant américain de Séries Mag a rencontré
Sarah Michelle Gellar à Los Angeles. Une demi-heure durant,
il a eu le privilège d'interviewer la jeune actrice. Cette
interview a été réalisée en exclusivité
pour vous. Anecdotes, souvenirs de tournage et confidences au programme.
Pour être autorisé à recontrer une star comme Sarah Michelle Gellar, notre correspondant
a dû se soumettre à certaines règles strictes.
Pour commencer, toutes ses questions ont été filtrées
par une attachée de presse. En effet, Sarah ne souhaite pas
qu'on lui parle de certains sujets, comme par exemple sa relation
avec Freddie Prinze Jr. Ensuite, il n'était pas permis de prendre
des photos pendant l'entretien. Enfin, la rencontre ne devait pas
durer plus de trente minutes. Une fois ces conditions acceptées,
le tête à tête a pu commencer...
Séries Mag : On ne t'as pas souvent entendu parler des mauvais côtés
de la célébrité. N'as-tu jamais eu d'expérience
désagréable ?
Sarah Michelle Gellar : Si. J'ai déjà été
suivie à plusieurs reprises par des inconnus, surtout à
l'époque de "Souviens-toi... l'été dernier"
et "Scream 2". Je me souviens de la première fois où
quelqu'un a trouvé mon adresse personnelle... C'était
un homme, il est venu devant ma maison et il a frappé à
la porte. Je peux vous dire que ça fait très peur...
Qu'est-ce que tu as fait ?
Qu'est ce qu'on peut faire dans ces cas-là ? Ce sont des choses
qui arrivent. Ca fait partie du métier. Je crois qu'on ne s'y
habitue jamais, mais on finit par apprendre à gérer ce
genre de situations. On s'y prépare et, le moment venu, on fait
le nécessaire.
Mais précisément, qu'est-ce que tu as fait quand tu as vu cet homme devant la porte de
ta maison ? Est-ce que tu as regardé à travers le judas
et tu lui as dit de s'en aller ?
Non, j'ai été idiote. Il se trouve que j'attendais une
amie. Elle venait de m'appeler de son portable pour me dire qu'elle
serait là dans cinq minutes. Quand j'ai entendu qu'on frappait
à la porte, j'étais sûre que c'était elle
et j'ai ouvert... Depuis que j'ai cinq ans, on me répète
de ne pas ouvrir à n'importe qui. Voilà le résultat !
Et que s'est-il passé ?
En fait, pour des raisons de sécurité, je ne peux pas
rentrer dans les détails. Il y a une procédure à
suivre dans ces cas-là, et il vaut mieux ne pas en parler. Quoi
qu'il en soit, aujourd'hui, ma maison est entourée d'un mur de
clôture..
Dans "Buffy", tu fais certaines cascades toi-même. Comment ça se passe ?
Il m'arrive de faire quelques cascades, c'est vrai. Evidemment, je ne
peux pas faire des cascades en voiture ou des choses vraiment trop dangereuses.
Les assurances ne nous couvriraient pas si nous prenions ce genre de
risques. Mais malgré ça, nous arrivont quand même
à nous blesser !
Personnellement je n'ai pas besoin de faire des cascades pour me faire
mal. Je suis très maladroite.
Y-a-t-il déjà eu des accidents sur le tournage de "Buffy" ?
Malheureusement, oui. Les cascadeurs sont les premiers à se faire
mal. Ma doublure est régulièrement blessée. Quand
elle tourne des scènes de combat, il est fréquent qu'elle
prenne des coups. Pour ma part, je me suis déjà cassé
la main... le jour où c'est arrivé, Charisma [alias Cordélia
ndlr] s'est aussi fracturé le nez. C'était une journée
noire Nous tournions l'épisode "Homecoming" ["Le
Bal de Fin d'Année"]. Il y a une séquence où
nous sommes toutes les deux dans une maison abandonnée, en pleine
forêt. C'est à ce moment-là que Charisma a été
blessée. Un volet de bois a volé en éclats et elle
a été touchée au visage par un débris. L'os
de son nez a été fracturé Par chance, c'était
une fracture légère et elle n'a pas eu besoin d'être
opérée. Pour ma part, je me suis cassé la main
en heurtant un morceau de bois pendant une scène de combat dans
cette même maison abandonnée.
A-t-il fallu interrompre le tournage ?
Non. Nous ne pouvions pas nous le permettre. Il faut savoir que, sur
le tournage de "Buffy", les journées sont coupées
en deux Nous tournons la journée, ainsi qu'une partie de la nuit.
Ce jour-là, après l'accident, nous avons continué
à tourner jusqu'à la tombée du jour. Ensuite, nous
avons fait une pause et je suis allée à l'hôpital
pour me faire examiner. Plus tard, je devais retourner sur le plateau
pour la suite du tournage. Comme il fallait que je change de coiffure
et de maquillage pour les séquences de nuit, je suis allé
à l'hôpital avec ma maquilleuse et ma coiffeuse. Elles
ont donc fait leur travail pendant que le docteur s'occupait de moi
! Etant donné qu'on ne pouvait pas me mettre un plâtre
- car il aurait été trop visible -, on m'as mis une attelle.
Ensuite, je suis retournée sur le plateau et nous avons repris
le tournage. Pour ne pas qu'on voit mon attelle, toutes les séquences
tournées cette nuit-là étaient cadrées de
manière à ce que ma main ne soit pas visible. Le lendemain,
nous avons tourné toutes les séquences avec ma doublure.
Elle se mettait dos à la caméra, je me tenais à
côté d'elle, hors champ, et je disais mes répliques.
Quelques jours plus tard, le docteur m'a dit que je pouvais enlever
mon attelle de temps en temps à condition de garder ma main immobile.
Je la retirais donc pour tourner certaines scènes, et dès
que j'avais terminé, je la remettais aussitôt.
N'étais-ce pas douloureux ?
J'avais très mal, c'était très pénible.
D'ailleurs, je trouve que ça se voit sur mon visage dans certaines
scènes de cet épisode.
Dans "Buffy", les acteurs ne peuvent pas utiliser certaines expressions considérées
comme grossières ; la télévision américaine
les censure. En revanche, au cinéma, c'est permis. Dans "Sexe
Intentions", on a ainsi pu t'entendre prononcer toutes sortes de
mots grossiers. Est-ce que c'était amusant de parler comme ça
devant les caméras ?
C'était assez amsant, je dois le reconnaître. Mais il y
a une chose que les gens ignorent, c'est que, lorsque nous répétons
nos scènes pour "Buffy", la plupart du temps, nous
nous censurons par les dialogues. Par exemple, je vais dire "Putain,
Willow, qu'est-ce que tu fous ?!", histoire de sentir la réplique
et de trouver le bon ton. Mais quand nous tournons la scène pour
de bon, je dis la réplique telle qu'elle a été
écrite dans le scénario, sans les grossièretés.
Ca donne quelque chose de plus correct, comme : "Bon sang, Willow,
qu'est-ce que tu fais ?!"
Il y aurait donc un joli bêtisier de "Buffy" à faire...
Absolument ! Je pense que ça se fera un jour. Et il contiendra
de véritables perles. Il faudrait absolument que les gens entendent
Alyson [Hannigan Ndlr](ndV : c'est pas moi qui écrit les "ndlr",
ils étaient dans la revue ! Moi, je n'aurais pas donné
des précisions aussi... inutiles pour vous !) crier des injures
à chaque fois qu'elle se trompe dans ses répliques ! Mais
celui qui s'énerve le plus et qui laisse filer des quantités
de jurons, c'est Tony Head, Giles ! Quand il n'arrive pas à dire
une phrase correctement, les grossièretés partent dans
tous les sens. C'est hallucinant !
Que penses-tu du fait que le public ait tendance à te confondre avec les personnages
que tu interprètes ?
C'est un phénomène intéressant. Quand j'ai quitté
"All My Children", j'avais peur que les gens me collent une
étiquette de fille méchante. Et puis j'ai fait "Buffy"
et, étrangement, les gens ont commencé à penser
que j'étais une fille gentille. Il a alors fallu prouver que
j'étais capable de jouer des personnages plus sombres. C'était
assez ironique. Moi qui craignaient que mon rôle dans "All
My Children" ne me colle à la peau ! Je pense que le public
se sent très proche des acteurs de télévision.
On s'identifie plus facilement à eux, parce qu'on les voit chaque
semaine, il pénètrent dans votre salon. En tant qu'actrice,
je considère que c'est un privilège, et grâce à
mes rôles au cinéma, je peux montrer que je ne suis pas
seulement Buffy. C'est l'équilibre parfait.
Propos recueillis par Sam Kent
Transcrit par Viper